1. XIII

    XIII

  2. LA RÉCOMPENSE

    THE REWARD

  3. Le prince regarda Violette et soupira.

    The prince looked at Violette and sighed.

  4. Violette regarda le prince et sourit.

    Violette looked at the prince and smiled.

  5. «Comme tu es beau, cher cousin! Que je suis heureuse de t'avoir rendu ta beauté! Moi, je vais verser quelques gouttes d'huile de senteur sur mes mains; puisque je ne peux te plaire, je veux du moins t'embaumer», ajouta-t-elle en riant.

    "How handsome you are, dear cousin! How happy I am to have restored your beauty! As for me, I am going to pour a few drops of scented oil on my hands; since I cannot please you, I want at least to perfume you," she added with a laugh.

  6. Et, débouchant le flacon, elle pria Merveilleux de lui en verser quelques gouttes sur le front et sur te visage.

    And, uncorking the bottle, she begged Merveilleux to pour a few drops of it onto her forehead and face.

  7. Le prince avait le coeur trop gros pour parler.

    The prince's heart was too full to speak.

  8. Il prit le flacon et exécuta l'ordre de sa cousine.

    He took the bottle and carried out his cousin's request.

  9. Aussitôt que l'huile eut touché le front de Violette, quelles ne furent pas sa joie et sa surprise en voyant tous ses poils disparaître et sa peau reprendra sa blancheur et sa finesse premières!

    As soon as the oil touched Violette's forehead, what were her joy and surprise upon seeing all her hair disappear and her skin regain its former fairness and delicate texture!

  10. Le prince et Violette, en voyant la vertu de cette huile merveilleuse, poussèrent un cri de joie, et, courant vers l'étable, où étaient la reine et Passerose, ils leur firent voir l'heureux effet de l'huile de la fée.

    The prince and Violette, seeing the power of this marvelous oil, uttered a cry of joy, and, running toward the stable, where the queen and Passerose were, showed them the happy effect of the fairy's oil.

  11. Toutes deux partagèrent leur bonheur.

    Both of them shared in their happiness.

  12. Le prince Merveilleux ne pouvait en croire ses yeux.

    Prince Merveilleux could not believe his eyes.

  13. Rien désormais ne s'opposait à son union avec Violette, si bonne, si dévouée, si tendre, si bien faite pour assurer le bonheur de son cousin.

    Nothing now stood in the way of his union with Violette, who was so good, so devoted, so tender, and so well suited to ensure her cousin's happiness.

  14. La reine songeait au lendemain, à son retour dans son royaume, qu'elle avait abandonné depuis vingt ans: elle aurait voulu que son fils, que Violette et qu'elle-même eussent des vêtements convenables pour une si grande cérémonie; mais elle n'avait ni le temps ni les moyens de s'en procurer: il fallait donc conserver leurs habits de drap grossier, et se montrer ainsi à leurs peuples.

    The queen was thinking of the next day, of her return to her kingdom, which she had abandoned twenty years before: she would have wished her son, Violette, and herself to have suitable clothes for such a grand ceremony; but she had neither the time nor the means to procure them: they had to keep their clothes of coarse cloth, and present themselves thus to their people.

  15. Violette et Merveilleux riaient de l'inquiétude de leur mère.

    Violette and Merveilleux laughed at their mother's worry.

  16. «Ne trouvez-vous pas, mère, que notre beau Merveilleux est bien assez paré de sa beauté, et qu'un habit somptueux ne le rendra ni plus beau ni plus aimable?

    "Don't you think, mother, that our handsome Merveilleux is adorned enough with his beauty, and that a sumptuous coat will make him neither more handsome nor more lovely?

  17. --Et ne trouvez-vous pas, comme moi, mère, que la beauté de notre chère Violette la pare mieux que les plus riches vêtements; que l'éclat de ses yeux l'emporte sur les plus brillantes pierreries; que la blancheur de ses dents ferait pâlir les perles les plus belles; que la richesse de sa blonde chevelure la coiffe mieux, qu'une couronne de diamants?

    "And don't you think, like me, mother, that the beauty of our dear Violette adorns her better than the richest clothes; that the sparkle of her eyes surpasses the most brilliant jewels; that the whiteness of her teeth would make the finest pearls pale in comparison; that the richness of her blonde hair crowns her better than a diamond tiara?

  18. --Oui, oui, mes enfants, sans doute, vous êtes tous deux beaux et charmants; mais un peu de toilette ne gâte rien; quelques bijoux, un peu de broderie, de riches étoffes, ne feraient aucun tort à votre beauté.

    "Yes, yes, my children, no doubt you are both beautiful and charming; but a bit of fine dress ruins nothing; a few jewels, a bit of embroidery, rich fabrics, would do no harm to your beauty.

  19. Et moi qui suis vieille....

    And as for me, being old...."

  20. --Mais pas laide, Madame, interrompit vivement Passerose; vous êtes encore belle et aimable, malgré votre petit bonnet de fermière, votre jupe de drap rayé, votre corsage de camelot rouge et votre guimpe de simple toile.

    "But not ugly, Madam," Passerose interrupted briskly; "you are still beautiful and lovely, despite your little farmer's cap, your striped cloth skirt, your red camlet bodice, and your simple linen wimple.

  21. D'ailleurs, une fois rentrée dans votre royaume, vous achèterez toutes les robes qui vous feront plaisir.» La soirée se passa ainsi gaiement et sans inquiétude de l'avenir. La fée avait pourvu à leur souper; ils passèrent leur dernière nuit sur les bottes de paille de l'étable, et, comme ils étaient tous fatigués des émotions de la journée, ils dormirent si profondément que le jour brillait depuis longtemps et que la fée était au milieu d'eux avant qu'ils fussent réveillés. Un léger hem! hem! de la fée les tira de leur sommeil; le prince fut le premier à ouvrir les yeux: il se jeta aux genoux de la fée et lui adressa des remerciements tellement vifs qu'elle en fut attendrie. Violette aussi était aux genoux de la fée, la remerciant avec le prince. «Je ne doute pas de votre reconnaissance, leur dit la fée, mais j'ai beaucoup à faire, on m'attend dans le royaume du roi Bénin, où je dois assister à la naissance du troisième fils de la princesse Blondine; ce fils doit être le mari de votre fille aînée, prince Merveilleux, et je tiens à le douer de toutes les qualités qui pourront le faire aimer de votre fille. Il faut que je vous mène dans votre royaume; plus tard, je reviendrai assister à vos noces.... Reine, continua-t-elle en s'adressant à Aimée qui venait de s'éveiller, nous allons partir immédiatement pour le royaume de votre fils; êtes-vous prête, ainsi que votre fidèle Passerose?

    Besides, once back in your kingdom, you will buy all the dresses that please you." The evening thus passed gaily and without anxiety for the future. The fairy had provided their supper; they spent their last night on the trusses of straw in the stable, and, as they were all tired from the emotions of the day, they slept so soundly that daylight had been shining for a long time and the fairy was in their midst before they awoke. A light Ahem! Ahem! from the fairy drew them from their sleep; the prince was the first to open his eyes: he threw himself at the fairy's knees and offered her such heartfelt thanks that she was moved by them. Violette too was at the fairy's knees, thanking her along with the prince. "I do not doubt your gratitude," the fairy said to them, "but I have much to do; I am expected in the kingdom of King Bénin, where I must attend the birth of the third son of Princess Blondine; this son is to be the husband of your eldest daughter, Prince Merveilleux, and I intend to endow him with all the qualities that could make him loved by your daughter. I must lead you to your kingdom; later, I shall return to attend your wedding.... Queen," she continued, addressing Aimée, who had just awakened, "we are going to leave immediately for your son's kingdom; are you ready, as well as your faithful Passerose?

  22. --Madame, répondit la reine avec un léger embarras, nous sommes prêtes à vous suivre; mais ne rougirez-vous pas de notre toilette si peu digne de notre rang?

    "Madam," answered the queen with a slight embarrassment, "we are ready to follow you; but will you not blush at our attire, which is so unworthy of our rank?

  23. --Ce ne sera pas moi qui en rougirai, reine, répliqua la fée en souriant; c'est vous qui seriez disposée à en rougir.

    "It will not be I who will blush at it, Queen," replied the fairy with a smile; "it is you who would be inclined to blush at it.

  24. Mais je puis porter remède à ce mal.» En disant ces mots, elle décrivit avec sa baguette un cercle au-dessus de la tête de la reine, qui au même moment se trouva vêtue d'une robe de brocart d'or, coiffée d'un chaperon de plumes rattachées par un cordon de diamants, et chaussée de brodequins de velours pailletés d'or. La reine regardait sa robe d'un air de complaisance. «Et Violette? dit-elle, et mon fils? N'étendrez-vous pas sur eux vos bontés, Madame?

    But I can remedy this evil." As she said these words, she drew a circle with her wand above the queen's head, who at that very moment found herself dressed in a gown of gold brocade, wearing a hood of feathers held together by a diamond cord, and shod in velvet ankle-boots spangled with gold. The queen looked at her dress with an air of pleasure. "And Violette?" she said, "and my son? Will you not extend your kindness to them, Madam?

  25. --Violette ne me l'a pas demandé, ni votre fils non plus.

    "Violette has not asked me to, nor has your son."

  26. Je suivrai en cela leurs désirs.

    "I shall follow their wishes in this matter.

  27. Parlez, Violette, désirez-vous changer de costume? --Madame, répondit Violette en baissant les yeux et en rougissant, j'ai été heureuse sous cette simple robe de toile; c'est dans ce costume que mon frère m'a connue, m'a aimée; souffrez que je le conserve tant que le permettront les convenances, et que je le garde toujours en souvenir des heureuses années de mon enfance.» Le prince remercia Violette en lui serrant tendrement les mains. La fée approuva Violette d'un signe de tête amical, fit approcher son équipage qui attendait à quelques pas, y monta, et plaça près d'elle la reine, Violette, le prince et Passerose. En moins d'une heure, les alouettes franchirent les trois mille lieues qui les séparaient du royaume de Merveilleux; tout le peuple et toute la cour, prévenus par la fée, attendaient dans les rues et dans le palais. A l'aspect du char, le peuple poussa des cris de joie, qui redoublèrent lorsque, le char s'arrètant sur la grande place du palais, on en vit descendre la reine Aimée, un peu vieillie sans doute, mais toujours jolie et gracieuse; le prince Merveilleux, dont la beauté et la grâce étaient rehaussées par la richesse de ses vêtements, éblouissants d'or et de pierreries: c'était encore une gracieuseté de la fée. Mais les acclamations devinrent frénétiques, lorsque le prince, prenant la main de Violette, la présenta au peuple. Son doux et charmant visage, sa taille fine et élégante, étaient encore embellis par la toilette dont la fée l'avait revêtue d'un coup de baguette. Sa robe était en dentelle d'or, son corsage, ses épaules et ses bras étaient ornés d'une foule d'alouettes en diamants, pas plus grosses que des oiseaux-mouches; sur la tête, elle avait aussi une couronne de petites alouettes en pierreries de toutes couleurs. Son air doux et vif, sa grâce, sa beauté, lui gagneront tous les coeurs. On cria tant et si longtemps: Vive le roi Merveilleux! vive la reine Violette! que plusieurs personnes dans la foule en devinrent sourdes. La fée, qui ne voulait que joie et bonheur dans tout le royaume, les guérit tous, à la prière de Violette. Il y eut un grand repas pour la cour et pour le peuple. Un million trois cent quarante-six mille huit cent vingt-deux personnes dînèrent aux frais de la fée, et chacun emporta de quoi manger pendant huit jours. Pendant le repas, la fée partit pour aller chez le roi Bénin, promettant de revenir pour les noces de Merveilleux et de Violette. Pendant les huit jours que dura son absence, Merveilleux, qui voyait sa mère un peu triste de ne plus être reine, la pria avec tant d'instance d'accepter le royaume de Violette, qu'elle consentit à y régner, à la condition toutefois que le roi Merveilleux et la reine Violette viendraient tous les ans passer trois mois chez elle. La reine Aimée, avant de quitter ses enfants, voulut assister à leur union. La fée Drôlette, plusieurs fées et génies de ses amis furent convoqués aux noces. Ils eurent tous des présents magnifiques, et ils furent si satisfaits de l'accueil que leur avaient fait le roi Merveilleux et la reine Violette, qu'ils promirent de revenir toutes les fois qu'ils seraient appelés. Deux ans après, ils reçurent tous une nouvelle invitation pour assister à la naissance du premier enfant des jeunes époux. Violette mit au jour une fille, qui fut, comme son père et sa mère, une merveille de bonté et de beauté. Le roi et la reine ne purent exécuter la promesse qu'ils avaient faite à leur mère. Un des génies qui avaient été invités aux noces de Merveilleux et de Violette, et qui s'appelait Bienveillant, trouva à la reine Aimée tant de douceur, de bonté et de beauté, qu'il l'aima; Il alla la visiter plusieurs fois quand elle fut dans son nouveau royaume; se voyant affectueusement accueilli par la reine, il l'enleva un beau jour dans un tourbillon. La reine Aimée pleura un peu; mais comme elle aimait aussi le génie, elle se consola promptement et consentit à l'épouser. Le roi des génies lui accorda, comme présent de noces, de participer à tous les privilèges de son mari, de ne jamais mourir, de ne jamais vieillir, de se transporter en un clin d'oeil partout où elle voudrait. Elle usa souvent de cette faculté pour voir son fils et ses petits-enfants. Le roi et la reine eurent huit fils et quatre filles; tous sont charmants; ils seront heureux, sans doute, car ils s'aiment tendrement; et leur grand'mère, qui les gâte un peu, dit-on, leur fait donner par leur grand-père, le génie Bienveillant, tout ce qui peut contribuer à leur bonheur. Passerose, qui était tendrement attachée à la reine Aimée, l'avait suivie dans son nouveau royaume; mais quand le génie enleva la reine dans un tourbillon, Passerose, se voyant oubliée et ne pouvant la suivre, fut si triste de l'isolement dans lequel la laissait le départ de sa chère maîtresse, qu'elle pria la fée Drôlette de la transporter près du roi Merveilleux et de la reine Violette. Elle y resta pour soigner leurs enfants, auxquels elle racontait souvent les aventures d'Ourson et de Violette; elle y est encore, dit-on, malgré les excuses que lui firent le génie et la reine de ne l'avoir pas fait entrer dans le tourbillon.

    "Speak, Violette, do you wish to change your dress?" -- "Madam," replied Violette, lowering her eyes and blushing, "I have been happy under this simple linen gown; it is in this dress that my brother knew me and loved me; grant that I may keep it as long as propriety allows, and that I may hold onto it forever in memory of the happy years of my childhood." The prince thanked Violette by pressing her hands tenderly. The fairy approved of Violette with a friendly nod of her head, summoned her carriage which was waiting a few steps away, climbed in, and placed near her the queen, Violette, the prince, and Passerose. In less than an hour, the larks crossed the three thousand leagues separating them from the kingdom of Merveilleux; all the people and the entire court, forewarned by the fairy, were waiting in the streets and in the palace. At the sight of the chariot, the people raised shouts of joy, which redoubled when, as the chariot stopped in the great square of the palace, Queen Aimée was seen stepping down—a little aged, no doubt, but still pretty and graceful; Prince Merveilleux, whose beauty and grace were enhanced by the richness of his clothes, dazzling with gold and jewels: this was yet another courtesy of the fairy. But the cheers became frantic when the prince, taking Violette's hand, presented her to the people. Her sweet and charming face, her slender and elegant waist, were embellished even further by the attire in which the fairy had clad her with a wave of her wand. Her dress was of gold lace, her bodice, her shoulders, and her arms were adorned with a crowd of diamond larks, no larger than hummingbirds; on her head, she also had a crown of tiny larks made of jewels of all colors. Her sweet and lively air, her grace, her beauty, won every heart. The people shouted so much and for so long: "Long live King Merveilleux! Long live Queen Violette!" that several persons in the crowd became deaf from it. The fairy, who wanted nothing but joy and happiness in the whole kingdom, cured them all at Violette's request. There was a great feast for the court and for the people. One million three hundred forty-six thousand eight hundred twenty-two people dined at the fairy's expense, and each took away enough to eat for eight days. During the feast, the fairy left to go to King Bénin's house, promising to return for the wedding of Merveilleux and Violette. During the eight days that her absence lasted, Merveilleux, who saw his mother a little sad at no longer being queen, begged her so earnestly to accept Violette's kingdom that she agreed to reign there, on the condition, however, that King Merveilleux and Queen Violette would come every year to spend three months with her. Queen Aimée, before leaving her children, wished to attend their union. The fairy Drôlette and several fairies and genies among her friends were summoned to the wedding. They all received magnificent gifts, and they were so satisfied with the welcome given to them by King Merveilleux and Queen Violette that they promised to return whenever they were called. Two years later, they all received a new invitation to attend the birth of the young couple's first child. Violette brought into the world a daughter, who was, like her father and mother, a marvel of goodness and beauty. The king and queen were unable to fulfill the promise they had made to their mother. One of the genies who had been invited to the wedding of Merveilleux and Violette, named Bienveillant, found in Queen Aimée so much sweetness, goodness, and beauty that he fell in love with her; he went to visit her several times when she was in her new kingdom; seeing himself affectionately received by the queen, he whisked her away one fine day in a whirlwind. Queen Aimée wept a little; but as she also loved the genie, she consoled herself quickly and consented to marry him. The king of the genies granted her, as a wedding gift, a share in all her husband's privileges: never to die, never to grow old, and to transport herself in the blink of an eye wherever she wished. She often used this power to see her son and her grandchildren. The king and queen had eight sons and four daughters; all are charming; they will be happy, no doubt, for they love one another tenderly; and their grandmother, who spoils them a bit, so it is said, has their grandfather, the genie Bienveillant, give them everything that can contribute to their happiness. Passerose, who was tenderly attached to Queen Aimée, had followed her to her new kingdom; but when the genie whisked the queen away in a whirlwind, Passerose, seeing herself forgotten and unable to follow her, was so sad at the loneliness in which her dear mistress's departure left her that she begged the fairy Drôlette to transport her to King Merveilleux and Queen Violette. She stayed there to take care of their children, to whom she often told the adventures of Ourson and Violette; she is still there, it is said, despite the apologies given to her by the genie and the queen for not having brought her into the whirlwind.

  28. «Non, non, leur répondit Passerose; restons comme nous sommes. Vous m'avez oubliée une fois, vous pourriez bien m'oublier encore. Ici mon cher Ourson et ma douce Violette n'oublient jamais leur vieille bonne. Je les aime; je leur resterai. Ils m'aiment, ils me garderont.»

    "No, no," Passerose answered them; "let us stay as we are. You forgot me once; you might very well forget me again. Here, my dear Ourson and my sweet Violette never forget their old nurse. I love them; I shall stay with them. They love me; they will keep me."

  29. Quant au fermier, à l'intendant, au maître de forge, qui avaient été si cruels envers Ourson, ils furent sévèrement punis par la fée Drôlette. Le fermier fut dévoré par un ours quelques heures après avoir chassé Ourson. L'intendant fut chassé par son maître pour avoir fait lâcher les chiens, qu'on ne put jamais retrouver. La nuit même, il fut piqué par un serpent venimeux, et expira quelques instants après. Le maître de forge ayant réprimandé trop brutalement ses ouvriers, ils se saisirent de lui et le précipitèrent dans le fourneau ardent, où il périt en quelques secondes.

    As for the farmer, the steward, and the forge master, who had been so cruel to Ourson, they were severely punished by the fairy Drôlette. The farmer was devoured by a bear a few hours after driving Ourson away. The steward was dismissed by his master for having unleashed the dogs, which were never found again. That very night, he was bitten by a venomous snake and expired a few moments later. The forge master, having reprimanded his workers too brutally, was seized by them and thrown into the burning furnace, where he perished in a few seconds.